A l’occasion de son congrès annuel, La Coopération Agricole a dévoilé ce matin les axes clefs d’une réindustrialisation réussie. A l’appui de cette prise de parole, les résultats d’un sondage IFOP (1) ont été présentés mettant en lumière la perception de cet enjeu par les Français. Sans un véritable pacte national, notre balance commerciale agroalimentaire continuera de se dégrader (2) et la France sera de moins en moins maitresse de sa souveraineté alimentaire.
La souveraineté alimentaire nécessite une industrie décarbonée, modernisée, attractive et ancrée dans les territoires. L’explosion des coûts de l’énergie et des autres matières premières ainsi que la pénurie de main d’oeuvre que subissent actuellement les filières alimentaires risque d’accélérer la faiblesse structurelle de notre industrie.
L’agriculture et l’agroalimentaire font face à de nombreux défis : . lutter contre le changement climatique
. nourrir la France et contribuer à nourrir le monde
. préserver les terres agricoles
. consolider notre industrie
. conserver la maîtrise de l’information
. réconcilier les citoyens avec leur industrie
Pour les relever, La Coopération Agricole propose que l’industrie s’engage fermement sur 4 axes stratégiques de transformations : la décarbonation, la modernisation, l’attractivité et l’ancrage dans la société.
✓ L’agriculture et l’agro-alimentaire qui représentent 21 % des émissions de gaz à effet de serre doivent prendre toute leur part dans la lutte contre le changement climatique. Cela passera par des investissements massifs dans la décarbonation via la réduction des émissions et l’intensification du stockage du carbone dans les sols. Les coopératives agricoles auront des besoins en investissement multipliés par 1,5 sur leurs outils industriels pendant les 5 prochaines années, pour suivre la trajectoire fixée en matière de décarbonation, soit une enveloppe de 4,5 milliards d’investissements à ajouter aux 9 milliards d’investissements courants sur 5 ans. Elles entendent également continuer à investir dans l’économie circulaire en luttant contre le gaspillage et en développant des process « zéros déchets ». La décarbonation est un préalable absolu à toute modernisation et La Coopération Agricole réitère sa trajectoire d’amélioration continue (exprimée dès 2020) : « Zéro Emission Nette en 2035 ».
✓ La modernisation de l’outil de production passera nécessairement par la robotisation d’autant plus que l’IAA (Industrie Agroalimentaire) est aujourd’hui l’industrie la moins équipée. Mais la modernisation c’est aussi la maîtrise de la data grâce à laquelle les filières alimentaires pourront mieux anticiper et satisfaire les demandes du consommateur en orientant qualitativement, quantitativement et en continu la production agricole et agroalimentaire.
✓ Aujourd’hui, déjà 40 000 emplois sont non pourvus dans les filières alimentaires. Les IAA ont donc à opérer une révolution culturelle en matière de ressources humaines. Elles devront procéder à une gestion prévisionnelle des compétences, intensifier le recours à l’apprentissage et développer des pôles de vie et d’emploi attractifs.
✓ Majoritairement situées dans les territoires, les industries agroalimentaires doivent mieux s’intégrer dans leur écosystème en ouvrant leurs usines et en renforçant leurs liens avec la société dans son ensemble. Un chantier d’autant plus nécessaire que, selon le sondage IFOP réalisé pour La Coopération Agricole, 45 % des Français ont une mauvaise image de l’industrie alimentaire et 66 % ne souhaitent pas d’usine agroalimentaire près de chez eux.
« Nous constatons jour après jour que l’industrie alimentaire se situe dans un angle mort des politiques publiques et constitue le maillon faible de notre chaîne alimentaire », déclare Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole. « Malgré les investissements fléchés vers notre secteur, enrayer le déclin de notre Nation en matière d’alimentation nécessite plus de moyens si nous voulons être à la hauteur de cette ambition. Il est urgent de réagir pour éviter de nous réveiller dans quelques années avec une offre alimentaire appauvrie et inégalitaire, et des territoires dévitalisés. Par essence ancrées dans toutes les régions françaises, les coopératives sont le meilleur atout pour réussir en construisant, de concert avec l’ensemble des acteurs, un nouveau Pacte national ».
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(1) Sondage IFOP réalisé du 24 au 28 novembre 2022 auprès de 1001 personnes
(2) Le solde de la balance commerciale agroalimentaire avec l’Europe est déficitaire depuis 2019 alors qu’il avait toujours été positif depuis 1945 (source INRAe)