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Péniche remplie de grain

ODD pour la prospérité

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Objectifs de Développement Durable pour la prospérité #CoopérativesEngagées

Nous présentons ici les Objectifs de Développement Durable (ODD) visant à la prospérité : 

ODD 8 : Travail décent et croissance économique ; ODD 9 : Industrie, innovation et infrastructure ; ODD 10 : Inégalités réduites ; ODD 11 : Villes et communautés durables ; ODD 12 : Consommation et production responsables

SOMMAIRE

ODD 8 : Travail décent et croissance économique

ODD 9 : Industrie, innovation et infrastructure

ODD 10 : Inégalités réduites

ODD 11 : Villes et communautés durables

ODD 12 : Consommation et production responsables

Objectif n°8 : Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous

L’agroalimentaire constitue le premier secteur industriel français aussi bien en termes de chiffre d’affaires que d’emplois. 15 040 industries agroalimentaires emploient 461 544 salariés pour un chiffre d’affaires de 213Md€. Les coopératives, qui représentent 40 % de l’activité agroalimentaire en France, sont des entreprises de main-d’oeuvre qui offrent une très grande variété de postes et de parcours d’intégration professionnelle et sont animées du souci d’améliorer les conditions de travail et d’emploi de leurs collaborateurs. Principale source d’emplois non délocalisables, les coopératives agricoles sont des acteurs majeurs du développement durable de l’activité dans les zones rurales, où se situent 74 % de leurs sièges sociaux.

Témoignage des Paysans de Rougeline : « Avec l’écoserre®, nous réduisons la consommation d’intrants pour produire des tomates. »

Sur les 25 hectares de serres en verre de la coopérative Primeurs de la Crau, 70 % sont des écoserres®. Il s’agit d’équipements récents et performants permettant de minimiser les ressources nécessaires à la production des tomates de marque Rougeline. « Ces serres complètement fermées, et en surpression, protègent les cultures contre les maladies du sol et des parties aériennes, explique Thierry Malécot, directeur de l’Organisation de Producteurs (OP). Via l’utilisation d’auxiliaires de cultures créant un écosystème favorable, nous sommes capables de nous affranchir des traitements chimiques. » C’est ainsi que Les Paysans de Rougeline ont pu mettre en place en 2017 un cahier des charges « zéro résidu de pesticide » pour répondre à la demande des consommateurs.
L’écoserre® vise aussi à réduire l’utilisation de l’eau et des engrais. Les plantes reçoivent une solution nutritive avec un système de goutte à goutte alimenté par un forage. L’eau non utilisée par la culture est récupérée dans des bassins afin d’être recyclée. Elle est désinfectée à l’aide d’un traitement aux rayons ultra-violets, et sa composition en éléments fertilisants résiduels est analysée. Cette eau retourne alors dans le circuit d’arrosage avec le complément en engrais nécessaire.

Outre l’économie d’intrants (eau, fertilisants, pesticides, énergie), le concept d’écoserre® prévoit aussi une bonne gestion des déchets à la fin du cycle de production. Ficelles, éléments métalliques, végétaux, laine de roche, plastique : tous les matériaux sont triés dans l’objectif d’être traités ou recyclés. « L’écoserre® s’inscrit dans notre démarche de RSE, conclut Thierry Malécot. C’est très motivant à la fois pour les chefs d’entreprise et les salariés. Ces derniers apprécient notamment l’environnement sans pesticide. Nous nous efforçons aussi d’améliorer leurs conditions de travail dans les serres, avec des chariots électriques pour travailler à la bonne hauteur par exemple. La dynamique collective des Paysans de Rougeline est un moteur extraordinaire pour persévérer dans le métier et pérenniser les exploitations. »


 

Objectif n°9 : Mettre en place une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation

Premier secteur industriel français, l’agroalimentaire, dont les coopératives, doit mettre en place une infrastructure résiliente, développer une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation.

Témoignage de la Scara : « S’appuyer sur l’innovation pour généraliser la Haute Valeur Environnementale »

La coopérative Scara a décidé de miser sur l’innovation avec trois objectifs : création de valeur, différenciation et développement durable, pour répondre aux demandes de ses clients.

« Nous répondons aujourd’hui à 25 cahiers des charges ou référentiels différents visant notamment à améliorer la qualité des produits, réduire l’usage des intrants et garantir le revenu des agriculteurs », résume Philippe Michonneau, responsable agronomie, innovation et services. « Notre objectif est d’emmener le plus grand nombre d’agriculteurs vers le niveau 3 de la certification environnementale labellisée HVE. »

Pour cela, le service R&D travaille sur six thématiques. La première est l’amélioration génétique des blés panifiables en partenariat avec Limagrain pour concilier les critères agronomiques et industriels : les nouvelles variétés doivent avoir des teneurs optimales en amidon et protéines, mais aussi être tolérantes aux maladies pour consommer moins de fongicides, et mieux valoriser l’azote. La Scara travaille aussi sur l’optimisation du fonctionnement physiologique des plantes à l’aide des oligoéléments (fer, manganèse), ainsi que sur l’interaction entre les plantes et le sol (étude de la rhizosphère et des mycorhizes). Le quatrième thème est l’agriculture de précision. Les deux dernières thématiques concernent la collecte des données parcellaires, afin d’assurer la traçabilité, mais aussi l’évaluation des progrès et leur valorisation.

Retrouvez ce témoignage et celui de Tereos : « Nous réduisons les prélèvements dans la nappe grâce au recyclage de l’eau des betteraves. » en p31 du Théma interactif.


 

Objectif n°10 : Réduire les inégalités entre les pays et en leur sein

Sur cet enjeu de réduction des inégalités, les coopératives ont un rôle essentiel à jouer en lien avec le premier principe coopératif, adhésion libre et ouverte à tous, ainsi qu’avec le septième principe d’engagement vers la communauté. Cet enjeu s’illustre également au travers des règles de fonctionnement des coopératives toujours basées sur les fondamentaux de démocratie, d’équité et de pérennité.

Témoignage des Vignerons de Buzet : « Notre politique de RSE apaise le climat social et renforce l’attractivité de l’entreprise. »

À l’arrivée de leur nouveau directeur en 2005, les Vignerons de Buzet se fixent pour objectif de construire un nouveau projet pour la coopérative. « Nous devions comme toutes les entreprises progresser sur la protection de l’environnement, et il fallait aussi nous différencier et définir notre identité », résume le directeur Pierre Philippe. « Car nous sommes une petite entreprise rurale installée sur une région viticole peu connue. ».

La coopérative s’engage alors dans un groupe de réflexion sur le développement durable et la RSE à l’échelle de la fédération régionale des coopératives de Nouvelle-Aquitaine. « Les questions environnementales s’appréhendent assez naturellement dans le secteur agricole. En revanche, nous avions peu réfléchi aux questions sociales et nous étions un peu pauvres dans les actes. » Une responsable des ressources humaines est alors recrutée, et la décision est prise de bâtir une politique de bien-être au travail, en s’appuyant notamment sur les labels d’État « égalité professionnelle » et « diversité » créés respectivement en 2004 et 2008.

Un état des lieux est d’abord réalisé, notamment sur l’égalité de traitement entre hommes et femmes. Dans un contexte de renouvellement générationnel important du personnel, l’accent est mis sur la mixité des offres d’emploi, et l’attention est portée à l’équilibre entre hommes et femmes au niveau de l’effectif. Un parcours d’accueil et d’intégration des nouveaux salariés est mis en place, ainsi que la possibilité de télétravail jusqu’à un jour par semaine pour faciliter la vie des jeunes parents habitant parfois à plus d’une heure de route.

La préoccupation du bien-être au travail passe aussi par l’investissement dans un robot palettiseur pour éviter la pénibilité, et par la création d’une salle de sport avec la présence d’un coach (deux fois 2 heures/semaine entre 12 heures et 14 heures). Vingt salariés l’utilisent régulièrement.
Concernant la diversité, une cellule d’écoute est mise en place comprenant quatre personnes volontaires et formées : la responsable RH ainsi que trois personnes du Comité Social et Économique (CSE). L’ensemble des salariés est sensibilisé à cette question et les cadres sont formés à la prévention des discriminations.


 

Objectif n°11 : Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables

Une grande partie de la population française habite en zone urbaine. L’expansion des villes met à rude épreuve les systèmes alimentaires. Les villes se sont implantées sur des terres fertiles et leurs développements participent à l’artificialisation des sols. À terme, cette dynamique pourrait remettre en cause l’autonomie alimentaire de la France, déjà mise à mal dans certaines filières.

Témoignage des Fermes de Figeac : « Nous sommes convaincus que la transition repose sur la coopération et le territoire. » 

« Les agriculteurs sont de plus en plus minoritaires au sein de la société, ce qui génère un risque de marginalisation. Nous avons eu l’intuition qu’il fallait recréer du lien et coopérer avec les acteurs du territoire sur des projets transversaux. »

En 2015, Dominique Olivier, très impliqué dans des mouvements associatifs locaux, prend la présidence d’un nouveau Pôle Territorial de Coopération Économique (PTCE). Il regroupe des entreprises (dont la coopérative), collectivités, associations et autres organisations (enseignement par exemple), dans l’objectif de favoriser l’émergence de projets répondant aux besoins des citoyens du territoire, afin de renforcer l’attractivité de celui-ci. « Le PTCE Figeacteurs est un outil du “faire ensemble”, notamment dans les domaines de l’emploi, l’alimentation locale et la transition écologique », résume le directeur.

Pour faciliter l’emploi et le quotidien des actifs, les projets concrétisés sont par exemple une crèche interentreprises, une conciergerie multiservices (repassage, couture, entretien voiture, services administratifs, etc.), un accueil pour favoriser l’installation des nouveaux arrivants (salariés et conjoints), ou encore une passerelle entre étudiants et entreprises.

Au sein du PTCE, la coopérative des Fermes de Figeac a un rôle à jouer notamment sur les volets alimentation locale et transition écologique. « La philosophie du pôle a progressivement percolé dans notre activité. Nos producteurs sont de plus en plus nombreux à faire de la transformation à la ferme, et nous avons créé des rayons de produits fermiers dans nos cinq magasins Gamm Vert. Pour compléter l’offre, nous avons aussi intégré des produits du commerce équitable de la SCOP Ethiquable installée à proximité dans le Gers. Aujourd’hui, les produits alimentaires représentent 59 % du chiffre d’affaires de nos magasins soit 5,6 millions d’euros. »
Du côté de la transition écologique, outre le développement de pratiques agronomiques plus vertueuses, la coopérative a animé dès 2008 des démarches innovantes basées sur la mutualisation des moyens via la création de sociétés détenues par les adhérents. C’est le cas par exemple pour l’installation de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments agricoles, générant un revenu complémentaire pour les adhérents.


 

Objectif n°12 : Établir des modes de consommation et de production durables

Garantir des modes de consommation et de production durables est un enjeu essentiel pour tous les secteurs économiques, notamment au niveau de la chaîne alimentaire et donc pour les coopératives agricoles.

Témoignage de Cavac : « En nous diversifiant dans les biomatériaux, nous avons développé un métier complètement nouveau. »

En 2007, face aux faibles prix des céréales, la coopérative Cavac réfléchit à la possibilité de créer de nouvelles filières de production susceptibles d’apporter un revenu complémentaire aux agriculteurs. Elle s’intéresse notamment au marché des biomatériaux commençant à émerger. Le chanvre par exemple présente à la fois des propriétés technologiques intéressantes et des atouts agronomiques : c’est une bonne tête de rotation dont la culture ne nécessite aucun pesticide.

« Cette nouvelle production constituait une opportunité de diversifier les rotations agricoles, tout en développant une filière de transformation et en maîtrisant la mise en marché des produits finis, explique le directeur général adjoint Olivier Joreau. Tout était à construire. »

Dès 2009, la Cavac se lance via l’investissement de 12 millions d’euros dans une usine consacrée au défibrage des pailles de chanvre et de lin, et à la transformation de ces fibres en matériaux d’isolation vendus sous la marque Biofib’. Des débouchés complémentaires sont également développés en direction de la papeterie et l’industrie automobile (matériaux intérieurs). Les coproduits (chénevotte notamment) sont valorisés en paillages et litières pour les jardineries.

Olivier Joreau ne cache pas que les premières années furent difficiles : « Il faut acquérir les compétences techniques et faire ses preuves quant à la qualité des produits ; il faut aussi se faire connaître et développer une activité commerciale là où les clients du bâtiment ne nous attendaient pas. »

Aujourd'hui, avec plus d’un million de mètres carrés d’isolants vendus, la marque Biofib’ est devenue en dix ans leader du marché français de l’isolation biosourcée. « Cela est positif pour l’image de la coopérative, en particulier sur son territoire. Nous mettons ainsi en avant le rôle de l’agriculture dans l’innovation vers des solutions d’avenir vis-à-vis des enjeux environnementaux. La production agricole est à la fois une source de biomasse et un puits de carbone. »

 

Retrouvez ce témoignage et celui de la coopérative Sodiaal, avec Candia : « Notre brique de lait éco-conçue répond à l’ensemble des préoccupations des consommateurs. » à la p38 du Théma interactif. 

 

Retrouvez l'ensemble des ODD et des actions de coopératives, plus détaillées, dans le Théma interactif

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