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Crise Covid-19 : les coopératives sont au rendez-vous !

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(Résultats d’enquête de La Coopération Agricole sur la continuité d’activité des entreprises)

Dans le contexte de crise sanitaire, les coopératives agricoles sont en première ligne, intervenant de la fourche à la fourchette. La Coopération Agricole a mené trois enquêtes* auprès de ses entreprises adhérentes pour faire le point sur les commandes, les tarifs et la logistique. L’arrêt de certains marchés met en difficulté plusieurs filières, pour lesquelles les coopératives ont dû réorganiser les lignes de production. Néanmoins, les coopératives et leurs salariés sont fortement engagés pour relever les défis logistiques, s’adapter et assurer la continuité de l’alimentation.

•    Des difficultés importantes sur certains marchés : Restauration Hors Domicile (RHD) et Export

A la suite de la fermeture des restaurants et des établissements scolaires, le marché de la RHD a marqué un arrêt quasi complet (seules 19% des commandes habituelles subsistent, notamment à destination des hôpitaux et EHPAD). 

A l’export, le secteur du vin - déjà durement affecté par les taxes américaines - voit son activité chuter de 60% tandis que le secteur des produits laitiers connait une baisse d’expéditions d’environ 40% liée au recul de la consommation hors foyer, en Chine notamment.

•    La continuité de service assurée auprès de la grande distribution (par filière) :

Le beurre, la farine et les œufs affichent encore, pour la troisième semaine de confinement, des taux de commandes jusqu’à deux fois plus élevés qu’en période normale.

Après les deux premières semaines au cours desquelles les commandes de poulet et de dinde, fruits et légumes et autres produits frais (charcuterie, traiteur…) ont affiché des hausses de 20 à 30%, celles-ci ralentissent en troisième semaine avec une progression de l’ordre de 10%. Quant à la filière porcine, la demande est stable.

La filière horticole connaît une situation dramatique. Les filières de la distribution spécialisée sont fermées, alors que les coopératives horticoles réalisent près de 80% de leur chiffre d’affaires annuel entre le 15 mars et le 15 mai.

Pour d’autres produits comme la viande de bœuf, après des sur-commandes en viande hachée surgelée lors des deux premières semaines de confinement, les commandes se sont effondrées de près de 25% au cours de la troisième semaine. Cette tendance est accentuée par la fermeture des rayons traditionnels dans de nombreux magasins.

Les petites filières volailles (canards, pintades, pigeons), les filières veau et agneau, notamment n’ont constaté aucune hausse de commandes, voire ont eu des baisses dans certains cas. Pour sa part, la filière viticole perd 50% de commandes en moyenne pour les boissons alcoolisées (vins, champagnes…) en grandes et moyennes surfaces, par rapport à la même période l’année dernière.
 
« L’un des premiers enseignements que nous pouvons d’ores et déjà tirer de cette crise sans précédent est l’importance de construire des logiques de filières et de travailler en étroite collaboration avec tous les acteurs de la chaîne. Il est également primordial de réfléchir et de travailler sur deux niveaux en parallèle : la gestion de l’activité à court terme et l’anticipation pour la suite, notamment en cherchant des solutions pour aider les filières les plus en difficulté », commente Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole.

•    La logistique et le transport, maillon essentiel de la chaîne :

Les capacités des coopératives pour permettre la collecte des produits agricoles et leur logistique sont complétement opérationnelles (94% des opérations s’opèrent de manière fluide). De la même façon, malgré des retards liés à la désorganisation des flux et des hausses tarifaires, les capacités de transport routier sont disponibles dans 95% des cas. 

•    Des prix coopératifs stables à ce stade

Durant ces premières semaines, les prix de vente des produits coopératifs n’ont pas augmenté auprès des enseignes de la grande-distribution. Pour la plupart des produits, les prix sont d’ailleurs fixés pour un an dans le cadre des négociations commerciales annuelles. 

Pour les fruits et légumes, dont les prix à l’achat sont fixés tous les jours ou toutes les semaines, les prix varient en fonction de l’offre et de la demande. La perception d’un prix plus élevé par le consommateur sur certains fruits et légumes s’explique notamment par une réorientation de l’approvisionnement des distributeurs vers des produits d’origine France dont les coûts de production sont plus élevés (notamment le coût de la main d’œuvre, par exemple deux fois plus élevé en France qu’en Espagne).

« Nous travaillons tous d’arrache-pied pour répondre aux besoins des consommateurs. Mais dans un futur proche nous aurons besoin d’eux et de l’appui des pouvoirs publics français et européens pour nous épauler dans la crise économique qui, après la crise sanitaire, va frapper certaines de nos filières. Il faut la prendre en compte dès aujourd’hui dans les différentes réflexions à mener pour que les agriculteurs et les entreprises bénéficient de l’accompagnement nécessaire à leur résilience », conclut Dominique Chargé.

 

*Résultats issus de trois enquêtes pilotées par La Coopération Agricole (réalisées par mail) auprès des coopératives adhérentes :
-    Enquête LCA « Commandes et Logistique »
     o    Enquête hebdomadaire 
     o    Données brutes : semaine 12, 13 et 14 ; arrêtées au 31.03.2020
     o    Nombre de répondants : 194 entreprises
-    Enquête LCA « Evolution des commandes/Taux de service/Evolution des tarifs » - secteur grande distribution.
     o    Données arrêtées au 02.04.2020.
     o    Nombre de répondants : 73 entreprises dont 5 Grands Groupes, 31 ETI et 37 PME/TPE
     o    Données brutes
-    Enquête LCA Vignerons Coopérateurs
     o    Données recueillies dernière semaine de mars
     o    300 caves répondantes