Yannick Delhomme
Terre Atlantique
Poitou-Charentes
Grâce au service que nous apportons, agriculteurs et apiculteurs ont appris à se connaître, et un respect mutuel s’est installé

Entré en 1996 en tant que chef de dépôt, Yannick Delhomme est de fil en aiguille devenu responsable de la production de tournesol de la coopérative Terre Atlantique. Au quotidien, son métier se trouve au croisement de la semence, des agriculteurs et des apiculteurs. 

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Sur les 1 200 hectares de culture de tournesol que suit Yannick Delhomme, sont produits plus de 10 000 quintaux de semences certifiées, dont 90% part à l’étranger. « Les terres de notre secteur sont riches et très diversifiées, entre marais et océan, avec des zones protégées, qui sont réservées à la production de tournesol, nous explique-t-il. La biodiversité sur ces secteurs est présente et visible, mais il est vrai qu’au contact des apiculteurs, les agriculteurs en ont pris encore plus conscience ». 

Pour la pollinisation des espèces oléagineuses comme le tournesol, les abeilles sont un élément essentiel : la quantité et la qualité des graines produites en dépendent. Depuis plusieurs années , Yannick Delhomme a consolidé une relation technique entre agriculteurs et apiculteurs: préparation du positionnement des colonies, cartographie des parcelles, nourrissement de ruches, étude de l’impact environnemental sur la pollinisation, bilans de campagne, etc. Tout cela pour permettre de coordonner l’arrivée des colonies d’abeille et les stades de la floraison, qui doivent être simultanés entre les lignées mâles et femelles sur une même parcelle.

En plus de ce travail très technique et rigoureux, Yannick Delhomme s’est aussi fait médiateur. Car les relations entre les apiculteurs et les agriculteurs ne sont pas toujours simples, avec des différences de point de vue sur les modes de production, qui rendent le dialogue parfois difficile.

C’est là que Yannick Delhomme est intervenu : « nous avons à gérer 1 500 hectares de culture oléagineuse nécessitant l’apport de 3 000 ruches sur une période assez courte. Depuis 5 ou 6 ans, nous avons mis en place un réseau d’apiculteurs professionnels et une organisation de ce service qui a permis de répondre aux besoins des agriculteurs, de favoriser les échanges et ainsi de répondre à notre cahier des charges ».

Les agriculteurs ont ainsi pris conscience qu’une parcelle correctement pollinisée offre un meilleur rendement et une qualité irréprochable, et surtout grâce aux nombreux échanges apiculteurs/agriculteurs et aux informations techniques du service expérimentation de Terre Atlantique, les habitudes de traitement de leurs cultures ont évolué et sont maintenant plus respectueuses des insectes. Mieux, Terre Atlantique organise chaque année des bilans de campagne et des journées réservées aux adhérents, où les apiculteurs interviennent, présentant leur métier, ainsi que des thèmes dédiés à la pollinisation ou aux bonnes pratiques agricoles.

Résultat de cette coordination : agriculteurs et apiculteurs entretiennent aujourd’hui des relations respectueuses, en ayant appris les uns des autres. L’ouverture est mutuelle, et la culture du dialogue, pièce essentielle de l’esprit coopératif, s’étend désormais aux partenaires que sont devenus les apiculteurs. Des bénéfices qui permettent à tous de travailler plus sereinement, et de se préoccuper davantage de développement durable.