Philippe Alary
Rosedor
Aquitaine
La grosse différence entre notre modèle coopératif et les acteurs privés de la filière, c’est l’éthique que nous nous imposons

Philippe Alary est coopérateur dans l’âme. Ingénieur agronome de formation, il a passé ses premières années professionnelles à parcourir le monde, en charge du développement au sein de différentes ONG. A son retour en France, il a prolongé cet engagement dans des associations, mais surtout  il s’est investi au sein de la coopérative Rosedor.
 

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« Dans une coopérative, c’est le collaboratif qui prime, nous explique-t-il. Le but n’est pas la concurrence». Car c’est bien un état d’esprit solidaire et une volonté de tirer vers le haut qui animent les 8 adhérents de la coopérative Rosedor. « Si l’on recherchait uniquement le profit, on aurait créé une SAS, on se fournirait à l’étranger et on gagnerait plus d’argent. Mais nous ne produirions plus français, et la qualité de nos fleurs n’aurait rien à voir avec ce que l’on propose aujourd’hui », précise le coopérateur. Car la plupart des acteurs de ce secteur sont privés, et plus aucun ne produit en France.

Si aujourd’hui, la Hollande et l’Allemagne sont de sérieux concurrents, avec un coût de main d’œuvre étrangère beaucoup moins cher qu’en France, ce sont surtout les pays d’Afrique qui ont bouleversé le marché à partir des années 90, quand Philippe Alary a rejoint Rosedor : « Notre coût de production est aujourd’hui deux fois plus cher que le prix des fleurs importées de ces pays, vendues dans la grande distribution, se désole-t-il. Forcément, on ne peut pas lutter sur ce plan là ».

Et c’est là que l’engagement coopératif prend tout son sens. Producteurs de 80% des fleurs d’Aquitaine, les adhérents de Rosedor proposent des produits de qualité, avec des méthodes qui visent le développement durable, et à destination d’un marché précis. « Nous nous appuyons sur un réseaux d’artisan fleuristes, qui connaissent la qualité de nos produits, et qui parviennent à l’expliquer à leur clientèle. Avec cette approche locale, nous gagnons aussi beaucoup à réduire les coûts des transports ».

Cet engagement durable a logiquement trouvé son prolongement dans la culture bio. « Nous pensons Développement durable, c’est donc naturellement que l’on s’est orientés vers le bio, et ce dès 1998. » Encore une fois, ce n’est pas une logique économique qui a prévalu, mais bien une recherche de qualité et de préservation des cultures. « Le biologique en première année, c’est 30% plus cher à la production, précise M. Alary, sans parler des années de test et de changement de modèle de production ».

Engagement éthique, esprit d’entreprise familial, solidaire et durable, fleurs made in France, etc. Rosedor s’impose un modèle vertueux, mais reste une exception dans le paysage horticole national.