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Logo_lesEchos, 27/12/2017

Agriculture : Trois conditions pour trouver
un point d'équilibre

LE CERCLE/POINT DE VUE - Le monde agricole vit une mutation profonde, mais il ne faudrait pas mettre la charrue avant les boeufs.

Notre pays est aujourd'hui engagé dans des transformations profondes, tant numériques, écologiques, énergétiques, que sociales. Au coeur de ces évolutions, la notion de « transition » émerge ! Elle traduit une démarche progressive et raisonnée, aujourd'hui symbolisée par la nomination d'un ministre en charge de la transition écologique et solidaire .

Tous les secteurs sont concernés ! L'agriculture sans doute plus que d'autres car elle touche à l'alimentation des Français. Ainsi, les Etats Généraux de l'Alimentation ont-ils relayé une forte attente sociétale vis-à-vis d'une production agricole et d'une alimentation durable assurant la sécurité sanitaire sous toutes ses formes : santé, préservation des ressources naturelles, respect de l'animal, etc. 

Nos coopératives évoluent

Notre monde bouge, notre agriculture aussi. Nos coopératives sont naturellement dans le mouvement et nous pouvons le démontrer par la diversité de leurs témoignages. Elles sont engagées dans la révolution numérique, en mettant le digital au service de l'amélioration de la relation avec leurs adhérents.

Tournées vers les générations futures, elles favorisent l'installation des jeunes coopérateurs par des plans d'accompagnement financier et technique, tout en les encourageant à prendre des responsabilités grâce au cycle de formation Cybèle.

Déjà 550 de nos coopératives sont engagées dans le bio. Elles s'investissent dans la lutte contre le gaspillage alimentaire en soutenant sur 2017-2020 le 2ème pacte national.
En matière de bien-être animal, elles participent à de nombreuses démarches collectives en France et en Europe : chartes de filières, Guides de Bonnes Pratiques ... 

Des solutions existent donc, d'autres doivent encore être trouvées et développées. Mais comment mobiliser l'ensemble des agriculteurs pour généraliser ces initiatives ? Comment faire de ces transitions un atout économique et non pas une nouvelle distorsion de compétitivité ? 

Pour Coop de France, qui réunit les 2500 coopératives agricoles françaises, trois conditions doivent être réunies : 

1. Un cap clair
En premier lieu, l'agriculture a besoin que lui soit fixé un cap clair, inscrit dans un calendrier soutenable. Trouvons enfin le point d'équilibre entre le souhaitable et le possible, comme cela vient d'être fait pour le secteur automobile ou le secteur énergétique, en laissant le temps nécessaire pour inventer et déployer les solutions de demain.
Les décisions prises sur le glyphosate illustrent parfaitement cette exigence. Car à vouloir faire de la transition une rupture, on génère alors de nouvelles difficultés telles que la remise en cause du développement de l'agriculture de conservation. 

2. Un effort sur la recherche et l'innovation
La deuxième condition est d'engager un effort sans précédent en termes de recherche et d'innovation. Faisons preuve d'audace en investissant les champs technologiques, de la robotique au spatial, de la génétique à l'agronomie.
Car nous pouvons relever le défi des transitions sans pour autant revenir à une agriculture d'antan qui, souvenons-nous en, était porteuse de pénibilité physique et d'insécurité économique pour les agriculteurs. C'est tout l'enjeu du développement de l'agriculture biologique qui, plébiscitée par le consommateur, doit pouvoir mobiliser les technologies les plus modernes. 

3. Réalisme économique
Enfin, nous avons besoin de réalisme économique. L'agriculture a toujours su s'adapter aux évolutions dès lors que ces changements répondaient aux attentes de leurs clients et des consommateurs, et s'accompagnaient de prix rémunérateurs.
C'est ainsi, par exemple, que, sous l'impulsion des consommateurs, la production d'oeufs issus d'élevage en plein air se développe en France.
N'oublions jamais que nos entreprises évoluent dans des marchés de plus en plus concurrentiels et mondialisés. 

Créer de nouvelles dynamiques
C'est à ces trois conditions que pourront se mobiliser les acteurs de terrain. Nos coopératives, qui conseillent trois agriculteurs sur quatre, disposent d'une réelle capacité à créer de nouvelles dynamiques territoriales. Le futur a toujours été notre quotidien !

Les coopératives agricoles sont plus que jamais conscientes d'être au coeur d'un monde en transition.

Michel Prugue est président de COOP de France/  Pascal Viné est délégué général de COOP de France.

(Lire l'article sur Les Echos.fr)

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Logo _LeTelegramme, 27/12/2017

Prix : Coop de France restera vigilante

Au lendemain de la clôture des États généraux de l'alimentation, Coop de France, a appelé à un changement de paradigme dans les relations commerciales. Son président Michel Prugue estime que les fluctuations de prix devront être répercutées aux distributeurs et donc aux consommateurs. 

Les Etats généraux de l'alimentation vont-ils faire bouger les lignes en ce qui concerne la rémunération des paysans ?

Nous attendons un changement de posture de nos clients de la distribution et de la restauration hors domicile. Le marché intérieur doit être un marché rémunérateur. On demande de pouvoir faire évoluer les prix en fonction de l'évolution de nos coûts de revient. Les variations des prix de nos productions agricoles dues à la volatilité des marchés mondiaux doivent pouvoir être répercutées aux distributeurs et les consommateurs devront s'habituer à la fluctuation des prix des produits, comme c'est déjà le cas pour les fruits et légumes. 

Quel bilan tirez-vous de ces États généraux ?

La tenue de ces États généraux est une bonne idée, mais c'est dommage qu'ils soient restés franco-français. Le revenu des agriculteurs est lié à la compétitivité de nos filières nationales comparativement à leurs concurrentes internationales. On a négligé de parler de l'excès de normes et de taxes qui nous handicapent. Ces États généraux ont néanmoins permis aux différentes parties prenantes de confronter leurs points de vue. Mieux se connaître pour mieux se comprendre et une volonté de construire ensemble, c'est déjà beaucoup. Nous serons extrêmement vigilants sur le nouveau cadre législatif qui va régir les négociations commerciales. Nous ne voulons pas d'une agriculture intégrée par l'industrie ou la distribution. 

En Bretagne, plusieurs coopératives comme Triskalia et d'aucy ou encore Aveltis et Prestor viennent d'annoncer qu'elles allaient fusionner. Cette restructuration dans le monde coopératif est-elle inéluctable ? 

Non, car je ne parle pas de restructuration mais d'évolution d'organisation. La coopération agricole aujourd'hui en France, c'est une grande diversité d'entreprises et de productions réparties sur le territoire. Sur nos 2.500 coopératives, 93 % sont des PME. Les trois quarts d'entre elles ont leur siège social en milieu rural. L'enjeu pour ces coopératives est de pouvoir financer le développement, l'innovation, la recherche de nouveaux marchés. La recherche du chiffre d'affaires n'est pas la raison primordiale des rapprochements que vous évoquez. La première raison découle d'une analyse pragmatique des marchés. Quand on opère sur des marchés de grande consommation et qu'on a pour clients la grande distribution ou la restauration hors domicile ou les marchés d'exportation, il faut être en mesure de répondre en temps, en heure et en volumes à la demande. Une fusion n'est pas un acte pris à la légère, c'est avant tout le choix des adhérents de ces coopératives.

Propos recueillis par Frédérique Le Gall

(Lire l'article sur le site du Télégramme)

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Logo Bfm Business, 14/12/2017

Interview de Pascal Viné, Délégué Général de Coop de France

Chiffres clés de la coopération agricole, négociations commerciales, Etats Généraux de l'Alimentation, filières bio... retrouvez l'interview de Pascal Viné, Délégué Général de Coop de France, sur BFM Business...