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Transmission jeunes coopératives agricoles
Renouvellement des générations
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Quand les coopératives aident les jeunes à s'installer

Pour remplir leur mission, les coopératives peuvent être amenées à apporter des aides à l’installation et un accompagnement des jeunes agriculteurs qui se lancent dans leur activité. Pour deux bonnes raisons au moins : assurer la pérennité de la coopérative et de ses outils et renouveler les générations. C’est l’une des preuves de la qualité de la gouvernance des coopératives et l’expression d’une solidarité économique et sociale intergénérationnelle qui est dans l’ADN des coopératives. Cet accompagnement peut prendre plusieurs formes selon le type de production et la région. Aides financières, conseils juridiques, prise en charge du capital social…et jusqu’au portage du foncier par la coopérative. Ces aides permettent à ceux qui souhaitent s'installer, en reprenant ou en créant une exploitation, de le faire dans un cadre plus rassurant et sécurisant et de réussir leur installation agricole. 

Accompagner les jeunes dans leur installation : un devoir de coopérateur

« La mise en place d’actions en faveur des jeunes est un devoir pour nos coopératives » témoigne Michel Gandois président de la CDAAS, coopérative départementale agricole d’action sanitaire qui a mis en place un dispositif spécial avec les jeunes agriculteurs du département pour prévenir tout risque d’épidémie dans les nouveaux troupeaux. Bon nombre de coopératives offrent ce type de services aux jeunes.

C’est le cas de la Capel, une coopérative située dans le Quercy qui a mis en place une « charte d’installation » comportant de nombreux services et des aides financières. Une charte dont a profité Olivier Taurand, 35 ans, qui a laissé son emploi de mécanicien pour reprendre la ferme familiale. Conseillé par les techniciens de la coopérative, mais aussi par sa voisine adhérente de la Capel comme lui, il a pu sécuriser son projet…et bénéficier d’une aide de plus de 5000€. « J’ai ainsi pu mettre tous les atouts de mon côté » explique-t-il.

La cave de Clairmont, coopérative « familiale » (9 familles de viticulteurs) a de son côté bâti un plan d’accompagnement financier administratif et technique pour attirer et sécuriser l’installation de nouveaux viticulteurs-coopérateurs. Le volet technique compte notamment des conseils, de la formation et le prêt de matériels spécialisés par d’autres coopérateurs. Une solidarité économique et sociale en quelque sorte.

Porter le foncier

L’achat de terres constitue souvent le poste le plus onéreux dans une installation. Surtout pour des productions spécialisées comme la viticulture. C’est pourquoi certaines caves coopératives aident les jeunes agriculteurs à porter cette lourde charge durant quelques années. Plusieurs systèmes existent. La coopérative peut acheter le foncier puis le louer à un jeune agriculteur comme c’est le cas à la cave de Gigondas : « nous voulons maintenir notre indépendance et pouvoir transmettre un outil de travail performant et évolutif aux générations futures » témoigne Bernard Goumarre son président. Chez Limdor producteur de pommes en Haute Vienne, les futurs agriculteurs commencent par travailler en tant que salariés dans un verger « tremplin » sur lequel le jeune apprend le métier puis il s’installe sur un verger « relais » qu’il loue à la communauté de communes et qu’il acquiert progressivement. La coopérative a ainsi pu installer 2 jeunes en 2008 et 2013 sur 26 hectares de vergers. « Sans ce dispositif je n’aurais jamais pu m’installer témoigne l’un d’eux, Loïc Kammerer ; la coopérative a toujours été à mes côtés. »

Tuteurer

D’autres coopératives vont encore plus loin en proposant un véritable coaching ou tutorat entre les anciens coopérateurs et les candidats à l’installation. Il s’agit de faire profiter les jeunes de l’expérience des anciens. Ainsi à la cave de Castelbarry en Occitanie a installée Arnaud Fortuin un ingénieur de 45 ans, originaire de Hollande vivant déjà sur la commune et souhaitant se reconvertir.  "Nous avons mis en relation Arnaud avec un vigneron qui voulait prendre sa retraite", explique le président de la cave François Boudou. "Ils ont travaillé ensemble pendant 3 ans. Notre ancien était heureux de transmettre ses vignes mais aussi son savoir, surtout qu’en l’occurrence Arnaud n’avait pas de formation viticole ! ".

Les Vignerons du Baou en Côtes de Provence soignent quant à eux la période de pré-installation. Ainsi, Laurent Audiffren, installé en 2014, a-t-il effectué un stage à la fois sur l’exploitation du président de la cave et au sein même de la coopérative pour découvrir son fonctionnement et connaître ses salariés. « Cela m’a permis de comprendre la vinification et l’importance de cultiver un raisin de qualité pour produire un vin de qualité » explique-t-il.

Chacune à sa manière, ces coopératives offrent des clés aux jeunes et nouveaux agriculteurs pour qu'ils réussissent leur installation. 

Témoignage

Maxime, producteur laitier, jeune adhérent de la coopérative Even à Pléboulle en Côtes d'Armor

« Je me suis installé sur l'exploitation familiale, en association avec mes parents, en novembre 2017. Après un BTS, une licence pro et un premier emploi de technicien agricole, l'envie de revenir à la ferme a été la plus forte, car c'est là que je me sens bien. J'aime m'occuper des vaches et j'apprécie d'être mon propre patron. Mon objectif aujourd'hui est de vivre du métier que j'ai choisi, en étant le plus performant possible et en préservant du temps pour ma seconde passion : le foot.
Grâce au dispositif jeune agriculteur mis en place par Even, je me suis vu attribuer 200 000 litres de lait qui ont permis de conforter mon projet d'installation et de saturer les installations existantes. Je bénéficie également d'une aide financière et de l'accompagnement technico-économique Ecolait, pris en charge par la Coopérative. Nous nous réunissons régulièrement à une quinzaine d'éleveurs, en compagnie d'un expert, pour approfondir des thèmes techniques, échanger sur nos pratiques, comparer nos résultats et visiter des exploitations. C'est important de voir d'autres façons de faire et de suivre l'évolution des principaux indicateurs technico-économiques pour se fixer des objectifs de progrès
».
 

jeune éleveur laitier breton
Maxime s'est installé en 2017 avec l'aide de sa coopérative Even