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Ordonnance relative à la coopération agricole : une décision lourde de conséquences pour les territoires et notre agriculture.

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Le 30 avril 2019

L’ordonnance relative à la coopération agricole prise en application de l’article 11 de la loi EGAlim a été publiée le jeudi 25 avril. Malgré nos alertes, cette ordonnance assimile bien le contrat coopératif à une relation commerciale. Coop de France considère que ce texte, au mépris des principes mêmes de la coopération, risque de fragiliser la relation entre la coopérative et ses agriculteurs adhérents. Il ignore la double qualité des agriculteurs adhérents, à la fois apporteurs et associés, propriétaires et dirigeants de leurs entreprises au travers du conseil d’administration démocratiquement élu.

Cette décision est en totale contradiction avec les grandes orientations des Etats généraux de l’alimentation pour l’avenir du secteur agricole et alimentaire :

A l’heure où la dérégulation des marchés et la mondialisation nous exposent à des défis sans précédent dans nos filières, il serait contreproductif de mettre à mal nos 2400 coopératives agricoles, forme la plus aboutie d’organisation des producteurs qui ont tant besoin de conforter leur résilience et leur performance.

A l’heure où la fracture territoriale n’a jamais été aussi béante, ne mettons pas à mal les entreprises qui participent à la réussite de nos territoires en assurant notamment à leurs 190 000 salariés des emplois non délocalisables.

Comme toute entreprise, les coopératives connaissent parfois des revers et doivent savoir s’adapter et progresser. Leur gouvernance démocratique est un exercice exigeant et parfois imparfait. Pour autant, l’expression largement majoritaire recueillie lors du Grand Débat Coopératif que nous avons lancé dès l’été 2018, a confirmé l’attachement au modèle coopératif : 81% des adhérents disent ainsi se sentir proches de leur coopérative et 77% considèrent que le modèle coopératif répond aux défis de demain. Nous prenons nos responsabilités en publiant un guide de bonnes pratiques de la gouvernance coopérative qui s’inscrit dans une logique d’amélioration continue, au service des projets de nos adhérents coopérateurs et de leur compétitivité.

Pour Dominique Chargé, président de Coop de France : « A l’heure où la démocratie représentative a tant besoin d’être soutenue, ne mettons pas à mal des entreprises qui fonctionnent justement selon des valeurs mutualistes ! »

Télécharger le Communiqué de Presse