Les coopératives, actrices du don alimentaire et de la lutte contre le gaspillage

Solidaire par nature, les coopératives agricoles travaillent main dans la main avec les associations pour fournir aux plus démunis les produits de leur travail et lutter contre le gaspillage alimentaire.

 

Lorifruit participe à "l'effort collectif de solidarité"

Pour Lorifruit, l'engagement est une évidence. « En tant que partie prenante de la société, il est important que nous participions à l’effort collectif de solidarité" affirme Vincent Faugier, directeur de la coopérative. Pour assurer une liaison quotidienne avec les associations alimentaires, la coopérative fruitière travaille avec Solaal, un organisme qui facilite la liaison entre les agriculteurs et les associations de don alimentaire. "L'association Solaal nous a permis de structurer et de pérenniser nos dons auprès d’associations certifiées comme les Restos du Cœur de Valence et d’Avignon. Chaque semaine, environs 900 kilos de fruits sont collectés pour les associations, nous donnons ainsi entre 35 et 40 tonnes de fruits par an. Donner nos fruits, c’est aussi donner la possibilité d’en consommer pour certaines populations qui n’y ont pas accès. C’est aussi éduquer les jeunes générations à manger sain et équilibré. C’est pourquoi nous participons aussi au don de fruits pour les goûters dans les écoles publiques de la ville de Crest. »

 

Frais d'Ici, une certaine idée du partage

Depuis leur création en octobre 2014 et octobre 2015 les deux magasins Frais d’Ici de Dijon et Toulouse sont aussi engagés dans le don alimentaire. Un principe de solidarité « indispensable » pour ces magasins coopératifs, selon Jean Loup Desclozeaux, chef de projet distribution alimentaire Frais d’ici. « Le concept de nos magasins se construit sur l’idée de partage entre les producteurs et les consommateurs, il fallait donc aller au bout de cette démarche.  Nous avions engagé des démarches avant même la création des magasins ! » Engagé par solidarité, Frais d’Ici agit aussi pour lutter contre le gaspillage, «  nous prenons de plus en plus conscience de la quantité incroyable de nourriture gâché. » Avec Frais d’Ici, les fruits et légumes « moches » retrouvent ainsi une seconde vie dans les assiettes des Restos du Cœur !

 

Blue Whale doublement solidaire

Par l’intermédiaire de l’association Solaal, Blue Whale, leader européen de la pomme, donne depuis deux saisons à sept grandes associations parmi lesquelles les Restos du Cœur, la Banques Alimentaire, le Secours Populaire ou encore la Croix Rouge française. « Cette saison, nous avons fait un don de plus de 3 000 tonnes de pommes aux associations, grâce aux subventions européennes. Dans un contexte d’embargo russe, ces dons alimentaires nous permettent d’être doublement solidaires : solidaires de nos producteurs en nous engageant à valoriser leurs produits, et solidaires des associations en leur fournissant des denrées nécessaires pour aider les plus démunis » explique Laurent Maldes, Directeur commercial Export chez BLUE WHALE.

 

Solaal facilite le don agricole

Entretien avec Angélique Delahaye, présidente de SOLAAL

 

Comment/pourquoi est né SOLAAL ?

« Je ne supporte pas de voir des gens qui ont faim dans mon pays ». C’est de cet écœurement exprimé par Jean-Michel Lemétayer, ancien président de la FNSEA, que tout est parti. S’en est suivi un diagnostic de l’existant en matière d’aide alimentaire, faisant ressortir des points d’amélioration : le don demande du temps, des gisements de produits inexploités, un déficit en produits frais, le coût de la logistique à la fois pour les donateurs et les associations. C’est pour lever ces freins, récupérer les produits invendus et consommables que SOLAAL est née.

Quelle est la spécificité de SOLAAL ?

SOLAAL facilite le lien entre les agriculteurs, les coopératives et les associations d’aide alimentaire nationales et habilitées. C’est un dispositif unique en Europe. 99 % des dons concernent les produits frais et principalement les fruits et légumes, fortement demandés par les associations. En effet, les bénéficiaires de l’aide alimentaire sont souvent fragilisés par des pathologies liées à un mauvais équilibre nutritionnel et l’aide alimentaire publique privilégie des produits secs, en conserve ou surgelés. SOLAAL apporte donc une vraie plus-value.

Comment percevez-vous l’engagement des coopératives ?

Les coopératives sont très engagées en matière de solidarité. C’est dans leur ADN ! Nous travaillons avec neuf d’entre elles, en particulier pour les aider dans la distribution des pommes qui ne trouvent plus preneurs sur le marché russe compte tenu de l’embargo. C’est très simple : elles nous appellent, nous donnent les caractéristiques des produits, leurs contraintes notamment en termes logistiques. SOLAAL se charge gratuitement de l’interface avec les associations et du suivi après le don. Au-delà de cette aide, nous souhaitons être le relais de la solidarité agricole et les coopératives ont toutes leur place. Je les invite donc à nous adresser régulièrement des informations sur leurs dons, afin que nous puissions illustrer davantage leur engagement.

Depuis sa création en mai 2013, SOLAAL a contribué au don de plus de 8 500 tonnes de produits, à 99 % des produits frais, soit l’équivalent de 17 millions de repas.