« Produire local, Agir global: pour une souveraineté alimentaire par une croissance responsable »

Mis à jour le 23/06/2022
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EDITORIAL

La souveraineté alimentaire de la France comme celle du continent européen est redevenue, à l’occasion de la pandémie de Covid-19, une question politique et un choix de société au cœur des préoccupations du quotidien. Son érosion est indéniable depuis deux décennies et sa restauration exige de résoudre une équation complexe : retrouver notre puissance productive et notre compétitivité agricole et agroalimentaire sur tous les marchés, accélérer les transitions écologiques de nos modèles de production, créer les conditions d’un consentement des consommateurs à la réindustrialisation agroalimentaire et à la juste rémunération de ceux qui nourrissent notre pays sur nos territoires.
Notre pays a perdu sa position de premier exportateur agricole au sein de l’UE en 2018 et devrait perdre son excédent agricole et agroalimentaire pour la première fois de son histoire contemporaine en 2023. La France est devenue tendanciellement un pays exportateur de produits agricoles bruts sur des marchés soumis au dumping qualitatif et tarifaire et un pays importateur de produits agroalimentaires à plus forte valeur ajoutée.

La France n’est plus le « grenier de l’Europe » qu’elle était pendant des décennies, mais elle peut le redevenir face aux défis planétaires du XXIe siècle : nourrir 9 milliards d’êtres humains et limiter les catastrophes du réchauffement climatique. Les conditions pour reprendre en main notre destin collectif sont donc claires :
Produire « Plus », Produire « Mieux », Produire « Durable »« Plus » pour résorber des déficits majeurs sur certaines denrées agricoles et agroalimentaires qui pourraient être produites sur le territoire national au lieu d’être importées de pays tiers. « Mieux » pour renouer avec le progrès scientifique et technologique afin d’accroître nos capacités productives avec moins de carbone, moins d’intrants et moins de plastique : le principe de précaution doit redevenir un principe d’action pour réussir la conversion écologique de notre modèle alimentaire. « Durable » pour préserver l’activité sur nos territoires en assurant le maintien des emplois ainsi que la sécurisation et la diversification des revenus des agriculteurs.

La restauration de notre souveraineté alimentaire repose sur une croissance responsable conciliant puissance productive et transition écologique de la fourche à la fourchette. La Coopération Agricole souhaite œuvrer à un nouveau compromis historique avec les pouvoirs publics, les collectivités territoriales, les autres acteurs de l’agroalimentaire, la société civile et les consommateurs. Les coopératives disposent de tous les atouts nécessaires à cette reconquête : elles contribuent fortement aux dynamiques socio-économiques des territoires et ont une importante capacité d’entraînement et d’accompagnement des acteurs de la chaîne alimentaire, de l’amont à l’aval. Mais elles ne pourront assumer seules le poids du changement ; c’est tout le sens des propositions que La Coopération Agricole formule aujourd’hui.

Dominique Chargé,
Président de La Coopération Agricole

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